À chaque instant la relation à l’espace est précisée puisque l’ensemble prépositionnel qui sert à donner son sens à tout le système verbal repose sur un ensemble de particules ou prépositions spatiales ou locutions adverbiales qui établissent la signification du verbe employé : dessus ou sur, dessous ou sous, autour de, hors de (p. ex. auf, unter, über, um, etc.). Plus de 500 mots souches sont fabriqués avec le seul über = au dessus, plus de mille rien qu’avec auf = sur. Avec aus = hors de, en, existent env. 1200 substantifs et qui peuvent aussi bien être des verbes, ce qui fait 2400, si mon compte est bon et ainsi à l’avenant, de préposition en particule.
La localisation de la pensée dans l’espace est particulièrement marquée en allemand au point que les concepts en deviennent d’une certaine manière visibles. De plus ce que Freud appelle Wortvorstellung (représentation de mot) tient une place essentielle dans le langage philosophique toujours ramené plus ou moins à une figuration concrète, à un schéma a priori, à une silhouette qui se dessine devant l’œil intérieur. Tout S/Z repose sur une sorte d’édification visuellement sous-jacente groupée autour de quelques articulations fondamentales. (GHLA)